Les jardins de Trianon en peinture

Peintures, vélins, parterres : Versailles fait revivre cet été l’atmosphère raffinée et précieuse qui régnait dans les jardins du Grand Trianon sous l’ancien régime avec l’exposition « Fleurs du roi » qui débute mardi pour trois mois dans le cadre de l’année Le Nôtre, le célèbre jardinier du Roi Soleil.

« Le domaine de Trianon était le royaume des fleurs pour le plaisir des yeux et des senteurs du roi Louis XIV », raconte Jérémie Benoît, conservateur en chef au musée national des châteaux de Versailles.

« Mais la flamboyance et la profusion des essences de ses jardins de senteurs n’auraient sans doute pas été si, dès le XVIIe siècle,  une passion constante pour la culture des fleurs n’avait pas animé les souverains et fait de ce  +palais de Flore+ le théâtre d’une représentation sans cesse renouvelée de variétés florales nouvelles », ajoute-t-il.

L’exposition qui dure jusqu’au 29 septembre débute dans le salon frais où l’on peut admirer des natures mortes, des tableaux de fleurs et des portraits de dames portant bouquets provenant des collections du château de Versailles.

La comtesse du Barry en Flore

« Un portrait de la comtesse du Barry en Flore », du peintre François Hubert Drouais, et « une nature morte à la mappemonde et aux instruments de musique », de Pierre Nicolas Huilliot, comptent parmi les oeuvres principales.
Dans la galerie des « Cotelle », de nombreux tableaux du peintre Jean Cotelle immortalisent les bosquets des jardins du château de Versailles, agrémentés de figures mythologiques.

« Ces oeuvres sont une référence absolue des plantations de fleurs aux couleurs dominantes bleu, banc et rouge qui étaient les couleurs du roi et de la vierge. Elles nous ont permis de reconstituer les bosquets », raconte M. Benoît.

Dans le salon des jardins, l’ancien cabinet des parfums du Trianon de porcelaine où le roi  venait profiter de la profusion des fleurs odoriférantes qui l’environnaient, l’exposition dévoile au public, grâce à un prêt du Muséum national d’histoire naturelle,  une partie de la collection royale des vélins

Commencée par le peintre Nicolas Robert pour Gaston d’Orléans, qui la légua à son neveu Louis XIV, cette collection fut progressivement enrichie par les peintres du Roi pour la Miniature (Jean Joubert, Claude Aubriet ou encore Madeleine Basseporte). Jusque sous le règne de Louis XVI, ces derniers visitaient les plantations royales afin d’y peindre les fleurs les plus remarquables.

« La quarantaine de vélins, réalisés avec des peaux de veau travaillées pour en faire des parchemins très blanc sur lesquels l’artiste dessine une aquarelle, témoigne de la culture des fleurs dans ce château royal », commente Gabriella Lamy, historienne des jardins.
Dehors, les parfums enivrants des lys blancs, des giroflées, ou encore des tubéreuses de Provence embaument, comme au temps du Roi.

« Il y a un écho entre le jardin et le château car pour réaliser ce fleurissement historique, les jardiniers ont puisé dans des documents d’archives du XVIIe siècle », explique l’historienne ajoutant que « comme au temps de Louis XIV, les fleurs ont été plantées en pot afin d’être changées régulièrement ».

PARIS,  02 juil 2013 (AFP)

Publié par artotec

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