Jardin des Tuilerie : un projet de restauration sur 10 ans

Un appel à mécénat doit permettre de financer les 15 millions d’euros nécessaires à ce projet d’envergure, étalé sur dix ans, qui veut redonner du lustre au parc de 23 hectares.

Le jardin des Tuileries rêve depuis quelques années d’un avenir plus vert. Car, tout chef-d’œuvre qu’il est, ce parc de 23 hectares dessiné par Le Nôtre avait fini par perdre de son charme et surtout de sa luxuriance. Plus pour très longtemps, en principe.

Lundi, l’Établissement public du musée du Louvre, auquel il est rattaché depuis 2005, a en effet soumis de manière informelle un projet de revégétalisation à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). Prochaine étape? «Le dossier doit être présenté à la Commission nationale des monuments historiques au printemps prochain», confirme Sophie Lemonnier, la directrice architecture, muséographie, technique au Musée du Louvre. S’il était validé, les autorisations de travaux pourraient être délivrées d’ici à la fin 2013.

Après plusieurs années de réflexion et une étude de diagnostic poussée, le Louvre s’apprête donc à faire muer le plus ancien parc public de Paris et à redonner tout son lustre à ce site classé monument historique et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Il était temps.

Malgré ses 3000 arbres et 125.000 plantes, l’endroit, fréquenté chaque année par 14 millions de visiteurs, était devenu davantage un lieu de passage que de flânerie. Tristement «décharné» pour certains, horriblement «poussiéreux» pour d’autres, le jardin, autrement dit, s’était peu à peu minéralisé depuis sa création au XVIe siècle. Pour preuve, à l’époque, 71 % de sa surface était plantée, contre seulement 42 % aujourd’hui.

Lui redonner sa légitimité «historique»
Partant de ce constat, le projet en cours «consiste désormais à inverser la tendance et reconquérir du végétal sur le minéral», résume Philippe Carreau, le chef du service bâtiment et jardins au Musée du Louvre. Sans qu’aucun objectif quantifié n’ait toutefois été précisé. «L’idée est surtout de recréer un jardin plus gai et plus agréable pour les marcheurs. Aujourd’hui, ils ne s’arrêtent pas assez et font surtout un usage très intensif de l’allée principale, transformée en promenade urbaine. Nous devons inciter les gens à découvrir le reste du parc», confie Philippe Carreau.

Concrètement, le schéma directeur de restauration du jardin, élaboré par l’architecte en chef des monuments historique, Dominique Larpin, propose de replanter plusieurs secteurs du site, par étapes. Entre dix et vingt missions successives seront lancées. Avec toujours, en toile de fond, la volonté de redonner aux Tuileries sa légitimité «historique», via le retour à une architecture végétale plus proche de ­celle conçue par Le Nôtre. Mais sans pour autant gommer les ajouts successifs. Un appel à mécénat doit permettre de financer ce projet, à raison d’un million et demi par an pendant dix ans.

Autour de l’allée centrale, les 16 bosquets du Grand Couvert, le secteur boisé du jardin, doivent être régénérés en priorité, notamment en raison de la fragilité des marronniers, nombreux à dépérir. Une campagne d’abattage puis de replantation d’essences variées, pour panacher la canopée et éviter les maladies, a déjà été menée en octobre et novembre derniers dans le bosquet nord-est. Reprenant la trame de Le Nôtre, une salle de verdure implantée au cœur du bosquet devrait offrir aux flâneurs un espace de tranquillité où pénètre le soleil. Au sol, des plates-bandes décoratives, donnant une impression de sous-bois, pourraient être implantées entre octobre 2013 et avril 2014. Si l’essai s’avérait concluant, les autres bosquets seraient reverdis de la même manière.

Le projet s’articulera également autour de restaurations historiques. Après le toilettage des 3000 chaises et des bancs en pierre, c’est au tour de ceux en bois et en fonte, datant du XIXe siècle, d’être rénovés cette année. À terme, la grille d’honneur doit aussi retrouver tout son éclat en étant redorée. À condition toutefois que les mécènes se montrent généreux…

~ par artotec sur mai 18, 2013.