Versailles touristique, Versailles de rêve

Faut il ressusciter ce qui a disparu ? Pour les romantiques c’est évidemment absurde tant la mort est un processus inhérent à la vie. Pour les partisans de la renaissance, la réponse n’est pas très claire. Certains projets de reconstruction ont été abandonnés (le labyrinthe, le théâtre d’eau..) d’autres ont été concrétisés (la grille royale, le bosquet des Trois fontaines, celui d’Encelade…) sans que l’on sache exactement pourquoi. Un point fondamental séparent néanmoins romantiques et adeptes de la renaissance : les uns cultivent le respect du temps qui passe et des traces qui use quand les autres s’emploient à les effacer

Mais qu’essaye au juste de réparer les partisans de la renaissance ? On pourrait penser que les restaurations actuelles visent à effacer les restructurations de louis philippe qui ont, de l’avis général, dénaturé en partie le palais des bourbons. Il n’en est rien. A l’origine, la grille d’Hardouin-Mansart était destinée à relier deux ailes qui ne sont plus visibles aujourd’hui. Sa reconstitution établit un état qui n’a jamais existé. Aucun rapport avec Louis Philippe, sinon le déplacement effectué à cette occasion de la statue équestre de Louis XIV que le roi des Français avait décidé de placer à l’entrée de la cour de marbre. La reconstruction des bosquets de l’Encelade et des Trois fontaines a salle de bal ne visent pas non plus à revenir sur l’époque Louis-Philippe. Le premier bosquet a été victime du temps et le second détruit sur ordre  de Louis XV. La charge contre les louis Philippiens est donc largement infondée. De là à imaginer qu’il s’agit de montrer par tous les moyens que les romantiques sont plus respectueux du Versailles frelaté de louis philippe  que du Versailles authentique et pré-révolutionnaire, il n’y a évidemment qu’un pas.

Les architectes interdisent le prolongement de l’aile Gabriel en remplacement de la Vieille mais ils autorisent en 1985 la fin de la construction du grand escalier dessiné par Gabriel en 1772. 

En termes de matériaux utilisés, il semblerait que la qualité ne soit pas toujours au rendez-vous. La construction de l’escalier de l’aile Gabriel se voit critiquée pour utiliser des matériaux contemporains.

La dorure est abondamment employée. il est vrai que son usage facilite la perception des sculptures. Pour s’en rendre compte il suffit de regarder celles du bassin de Neptune qui, aujourd’hui, se mêlent dans une même grisaille.  Mais qu’en sera-t-il lorsqu’il s’agira de restituer les couleurs des motifs des fontaines en plomb comme ceux du bassin de l’Ile des Enfants ou des bassins des Saisons ?

L’escalier de Gabriel

Au début des années 80, les conservateurs, Pierre Lemoine et Jean Dumont mettent à exécution bien maladroitement le vieux projet de Gabriel d’escalier monumental dans l’aile Neuve.

La Grille royale

andrelenotre.com

La grille est réalisée sous le règne de Louis XIV par Jules Hardouin-Mansart vers 1680 et déposée dans les dernières années du règne de Louis XV. Sa reconstruction entre 2005 et 2008, financée par une entreprise privée, donne lieu à une vive polémique. Première raison : le non-respect du « dernier état connu ». La reconstruction fait abstraction de l’histoire de Versailles au XIXe siècle pour revenir à l’état du XVIIe siècle. Deuxième raison : la faiblesse des sources. Les gravures d’époque se contredisant, il est extrêmement difficile de connaître de manière précise l’ornementation de cette grille. Troisième raison : le projet ne correspond à aucun état ayant existé, puisque si l’aile Gabriel est antérieure à la grille, le pavillon Dufour, lui, a été construit après.

Pour Béatrix Saule, directrice du musée du château, ce nouveau chantier se place dans la continuité des interventions réalisées depuis le début du XXe siècle, qui visent à présenter le domaine royal dans un état reflétant au mieux celui de la fin de l’Ancien Régime. D’un point de vue fonctionnel, la grille sert également à maîtriser le flux des visiteurs.

Versailles envahi par le doré

Dans le palais et les jardins du Roi-Soleil, l’or est partout : sur les grilles, les toits, les sculptures, les boiseries et les plafonds ! Les opérations de restauration successives se donnent pour objectif de renouer avec les ors de la royauté louis-quatorzième.

Après les vases du bosquet de la Salle de Bal, la France triomphante, les sculptures du bassin de Latone, les chérubins du bassin des Enfants dorés, les toitures du château de Louis XIII viennent d’être restaurés et recouverts de feuille dorée. La rénovation de La Chapelle royale sera également l’occasion de dorer le fait de la toiture et certaines des sculptures.

Le spectacle du château côté ville promet d’être impressionnant. La Grille royale et les balcons et garde-corps reconstruits, dorés en plein, répondent aux ornements également dorés des toitures.  Dorée également, la crête de cuivre surmontant la chambre du roi s’harmonisait ainsi complètement avec les plombs tandis que les quatre pavillons des ailes des Ministres offraient un écho en mode mineur à cette profusion éclatante. Sur les ferronneries, la progression en majesté s’appliquait aux grilles des écuries, dont seuls les ornements étaient dorés, le reste de l’ossature étant simplement peint, sans doute en couleur de fer, c’est-à-dire noir, ainsi que le recommandaient les traités du temps.

Les ors s’étaient estompés. Voici aujourd’hui qu’ils brillent de mille feux. Une apparence kitsch que regrettent certains et qui pour d’autres incarne avant tout la richesse et le raffinement de Versailles.

Les réactions divergent selon les goûts et l’idée que chacun se fait à la fois de ce que doit être une restauration et le plus beau palais du monde.

Au sujet de la restauration du bassin de Latone, Didier Rykner écrit : « La dorure (celle qu’adore l’ architecte en chef de Versailles puisqu’on en met partout, et bientôt sur la chapelle) violemment brillante qui a recouvert les sculptures en plomb du bassin de Latone n’a rien à voir avec celle d’origine. Que celle-ci n’ait plus existé (une première restauration en faux or avait eu lieu dans les années 1980) n’empêchait pas de restaurer conformément à la technique d’origine. L’emploi de l’or produit en outre, comme le remarque Alexandre Gady dans l’une de ses tribunes de L’Objet d’Art, un effet regrettable d’amaigrissement des sculptures, qui reflètent plus qu’elles ne retiennent la lumière. Pire, cette dorure clinquante inverse la hiérarchie de la composition, Latone paraissant soumise aux grenouilles ! » L’ensemble de l’article : http://www.latribunedelart.com/versailles-en-mieux-ou…

à l’origine c’était plus mordoré que clinquant

trop doré, Trop clinquant, tape-à-l’oeil

c’est parfois vraiment kitsch, notamment les bassins secondaires du groupe de Latone. Ça

plaire à l’image que s’en fait le touriste asiatique

Une couleur un peu plus patiné nous aurez rapproché davantage du Versailles d’ antan

Versailles est plus clinquant qu’il ne le fut paradoxalement, sans doute que ça corresponds mieux ainsi au goût de certaines touristes étrangers qui ont en tête beaucoup plus de clichés que de réalité historique

ette dorure fait ‘BLING BLING’

Versailles, sous Louis XIV, avait pour but -politique – de faire « bling-bling » … la galerie des glaces, jusqu’en 1689, était meublée de meubles en argent massif… pour impressionner les Etrangers et bien leur faire comprendre que la puissance financière (un peu illusoire) du roi de France était suffisante pour soutenir n’importe quelle guerre…

L »aristocratie était bling bling. C’est la bourgeoisie qui a imposé ses valeurs . Il n’y a qu’à voir l’évolution du costume en particulier pour les hommes.

pense donc que Louis XIV aurait sûrement apprécier cette dorure bien plus brillante qu’à l’époque car elle aurait été d’autant plus surprenante.

Qui se dévoue pour sniffer les vapeurs de mercure si vous voulez le coté doré délabré du 20e siècle ?

une dorure surtout à l’extérieur perd de son brillant assez rapidement

La coupole des invalides à ete dorée à la feuille d’or en 1989 …elle a encore quelques années brillantes à vivre .ce n’est pas plus mal car cela coûte très cher

cela rajoute de l’éclat

cela montre la richesse de la royauté française

J’ai été antiquaire et celà ne me choque pas du tout

J’ai l’impression que les scuptures redorées sont plus expressives et ont plus de relief.

ça pique les yeux et on ne remarque plus les détails des statues.

On s’y fait

Les intempéries feront le travail.

La dorure va se patiner c’est sur

L’encelade, redoré il n’y a que vingt ans, est déja bien terne!

Ainsi que le rappelle Emmanuel Couly, Versailles, le « bling-bling » louisquatorzien avait un but politique : « la galerie des glaces, jusqu’en 1689, était meublée de meubles en argent massif… pour impressionner les Etrangers et leur faire comprendre que la puissance financière (un peu illusoire) du roi de France était suffisante pour soutenir n’importe quelle guerre… Cela servait aussi à impressionner les courtisans et à les soumettre, si besoin était, au roi. »

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