Machine de Marly : présentation

andrelenotre.com

La 8e merveille du monde

La machine de Marly fut le plus grand dispositif mécanique de son temps : 14 roues à aubes de 11 mètres de diamètre chacune y actionnaient pas moins de 260 pompes acheminant l’eau de la Seine jusqu’à une altitude de 160 mètres. Témoignant des prouesses technologiques de son temps, elle fut longtemps considérée comme la huitième merveille du monde.

Un témoignage de la « la magnificence du roi »

A l’époque de Louis XIV, elle apparait comme « une grande idée de la magnificence du roi ». On dit d’elle que « c’est la plus surprenante & la plus admirable (machine) qu’il y ait au monde. » Les ambassadeurs du Siam se demandent s’il s’agit de l’œuvre d’un homme ou d’un démon. Encore au milieu du XVIIIe siècle, un visiteur constate encore avec admiration : « Celui qui calcule un tant soit peu les centaines de quintaux de métal nécessaires aux tuyaux des fontaines et aux robinets, les centaines de quintaux de cuivre, les milliers de quintaux de fer et les quantités de plomb qu’avait exigés la construction de cet ouvrage, de Marly à Versailles, ne peut qu’éprouver une profonde admiration pour la magnificence du roi ».

De Bougival jusqu’à Versailles

La machine de Marly permet d’alimenter les bassins de Versailles. Elle pompe les eaux de la Seine à Bougival, la fait monter jusqu’à 163 mètres de hauteur, soit 33 mètres de plus que le château de Versailles. Au sommet du coteau l’eau alimente la tour du Levant, l’aqueduc de Louveciennes (appelé quelquefois aqueduc de Marly), la tour du Jongleur (ou du Couchant). De là, l’eau est acheminée d’une part vers Marly et d’autre part vers Versailles où elle est stockée dans les réservoirs situés sous le parterre d’Eau et au-dessus de l’aile Nord

Un chantier titanesque

La construction nécessite une quantité phénoménale de bois, de fer, de plomb et de fonte. Elle mobilise près de 2000 ouvriers dont de nombreux Wallons réputé pour leur connaissance de l’hydraulique acquise dans l’exploitation des mines. Les principaux artisans qui ensuite assureront l’entretien de la machine seront d’ailleurs ces Wallons.

Le déroulement des travaux

Le chantier commence en juin 1681 par la canalisation de la Seine. La construction de la machine commence à la fin de 1681. Le 14 juin 1682, une démonstration réussie se déroule en présence du roi. L’eau est acheminée en haut du coteau. La machine est inaugurée le 13 juin 1684 par Louis XIV et sa cour. L’aqueduc de Louveciennes est achevé en 1685 et l’ensemble des travaux, trois ans plus tard, en 1688.

Une immense machinerie

Pour alimenter la machine, la Seine est divisée en deux bras. Un un bras occidental est laissé à la navigation. L’autre bras fait tourner les 14 roues à aubes de la machine grâce à une chute artificielle de 1 à 2 mètres. Chacune des roues actionne en continu des pompes immergées qui extraient l’eau de la Seine. La dénivellation étant très forte, la montée se fait en trois étapes. A 50 mètres puis à 100 mètres des pompes intermédiaires permettent de propulser l’eau  jusqu’au sommet du coteau situé à 150 mètres de hauteur, dans la tour du Levant, elle-même haute de 23 mètres.

Des résultats décevants

Très bruyante, la machine fonctionne jour et nuit. En plus des artisans wallons, plus d’une soixantaine d’ouvriers doivent assurer son fonctionnement et entretien. Mais les pièces s’usent prématurément à cause du frottement et cassent souvent. La machine n’atteindra jamais sa capacité optimale en raison d’une mauvaise synchronisation du dispositif. Dès 1685, son usage est jugé insuffisant et presque entièrement réservé à Marly.

Les 5 machines de Marly

Faute d’entretien au XVIIIe siècle, la production finira même par être inférieure de moitié à ce qui était intialement prévu. Manquant d’être détruite sous la révolution, elle continue de fonctionner jusqu’en 1817. Une pompe provisoire mise en service dès 1811 prend alors entièrement le relai. En 1827, une troisième machine conçue par l’architecte Cécile et l’ingénieur Martin est inaugurée par Charles X dans le bâtiment qui prend ce nom. C’est une machine à vapeur (une « pompe à feu ») qui fonctionne de façon satisfaisante mais dont le coût d’exploitation demeure très élevé. Dix ans après sa mise en fonction, son remplacement est décidé. En 1857, une nouvelle Machine conçue par Dufrayer peut éléver 20.000 mètres cubes par jour, soit trois fois plus que la machine de Louis XIV. En 1910, la machine est renforcée par une machine à gaz puis en 1938 par des moteurs diesel. Après un siècle de loyaux services, elle est arrêtée en 1963 et définitivement remplacée par des électropompes en 1968. Ces pompes sont situées dans le bâtiment Charles X, toujours visible.

Ce qu’il reste de la machine de Louis XIV

Aujourd’hui, il ne reste que quelques bâtiments : le pavillon Charles X construit en 1684, celui de la machine de Cécile construit entre 1812 et 1819 (destiné à abriter une machine à vapeur).

Restent également les magasins et l’ancienne forge à l’ouest, construits eux aussi par François Cécile entre 1819 et 1825, et enfin un édifice en brique bâti sur la Seine en 1859 par Dufrayer pour réguler le débit de la Seine.

Les bâtiments, ainsi que les grilles, les fontaines, le mur bas en demi-lune et les escaliers situés à l’arrière de l’édifice ont été classés le 18 octobre 1993.

Les 5 machines de Marly

andrelenotre.com7

Plans en coupe des deux premières machines (Louis XIV et « provisoire »)

andrelenotre.com003

Représentations aux XVII et XVIIIe siècles de la machine de Louis XIV

andrelenotre.com4

Représentations au XIXe et XXe siècles des quatre machines « modernes »

Représentation en 3D de la machine de Louis XIV

andrelenotre

Anciennes canalisations

andrelenotre.com5

Ce qui reste aujourd’hui

Publicités