La musique à Versailles

Louis XIV aime la musique, le théâtre et la danse. Les « Vingt-Quatre » Violons de la Chambre du Roi et les ballets nourrissent les conversations des cours d’Europe. Les tragédies lyriques de Lully, les Grands Motets de Lalande, les suites de viole de Marais ou de clavecin de Couperin contribuent à asseoir la gloire du Roi Soleil.

Jean-Baptiste Lully est l’homme de la musique de Louis XIV. Il est à l’origine de plusieurs genres : la tragédie lyrique, le grand motet, l’ouverture à la française. Sa musique privilégie violons et hautbois. Son influence sur la musique européenne de son époque est grande. Purcell, Haendel, Bach ou encore Rameau lui doivent beaucoup. 

Le grand motet est la musique française sacrée par excellence, l’équivalent de l’antienne des Anglais et de la cantate des Allemands. Le genre, exécuté chaque jour à la chapelle royale, est construit pour huit voix et instruments concertants. Certains qualifient le genre de « pompeux », de « suffisant ». Le Miserere de Lully fait appel à un effectif instrumental important : dessus de violons (le violon normal), basses de violons (le violoncelle), violes de gambe, théorbes, flûtes à bec et traversières, hautbois, bassons, clavecin et orgue. Le petit chœur répond au grand chœur, es passages pour solistes sont très courts. Un exemple : Miserere de Lully

L’air de cour désigne des chansons pour voix seule. C’est en fait l’avènement du chant soliste dans la musique. L’essor du luth puis du clavecin remplacent le chant polyphonique (à trois ou quatre ou cinq voix) par une ligne mélodique unique (un instrument et une voix). Après 1650, d’autres formes de chanson détrônent l’air de cour dont le rondeau.

Un exemple : Aux plaisirs, aux délices bergères de Pierre Guédron et Enfin la beauté que j’adore de Étienne Moulinié

La suite intègre la danse en alternant des airs lents et solennels ou vifs et gais. Marin Marais compose des suites pour viole de gambe, François Couperin et Jean-Philippe Rameau des suites pour clavecin.Le schéma habituel d’une suite est : 

  • Allemande, au tempo modéré et d’origine allemande, 
  • Courante, au tempo vif et d’origine française, 
  • Sarabande, au tempo lent et d’origine espagnole, 
  • Gigue, au tempo vif et d’origine anglaise. 

Trois exemples : La Ténébreuse, Allemande, Francois Couperin, Suite en A, Courante et Sarabande, Jean-Philippe Rameau, La Badine en e-mineur, Gigue, Marin Marais

Le ballet de cour, né à la fin du xvie siècle à la cour de France, connaît son apogée sous Louis XIV. Lorsque le roi renonce à se produire sur scène en 1670, il porte un coup fatal au ballet de cour. Ce genre est alors remplacé par la « tragédie lyrique ».

Un exemple : Ballet de Arts » L´Agriculture I, de Jean Baptiste Lully

  • une ouverture instrumentale solennelle ;
  • un prologue introduisant l’action par une allusion allégorique aux mérites et hauts faits du souverain : ce prologue a la même structure que les actes principaux ; il disparaît dans les dernières œuvres de Rameau ;
  • cinq actes mêlant airs solistes, chœurs, récitatifs et intermèdes instrumentaux avec danses.
  • un air instrumental conclusif, chaconne ou passacaille ou plusieurs courtes danses, enchaînées l’une après l’autre.

Quelques exemples : Atys, Ouverture, de Jean Baptiste Lully, Thésée Ouverture, de Jean Baptiste Lully