André Le Nôtre et le Jardin de l’Évêché de Castres

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Ce jardin « à la française » a été dessiné par André Le Nôtre. Afin de prolonger et embellir l’hôtel de l’Evêché bâti par H. Mansart en 1670, A. Le Nôtre réalise d’importants travaux de terrassement pour combler le fossé et construire un mur de soutènement. Les travaux durent jusqu’en 1696. Vers 1700, le jardin est achevé.  Son emprise, sa composition d’ensemble et le dessin de ses broderies ont traversé trois siècles sans avoir été fondamentalement modifiés. C’est un des rares parterres de broderie ce qui lui vaut d’être classé depuis 1995 Monument Historique et Jardin Remarquable en 2004.

Les parterres de broderies

Les parterres de broderies tirent leur nom de leurs motifs inspirés des travaux des dames de la cour du xviie siècle. Ce dessin est inchangé depuis la création du jardin. Il représente de manière très stylisée la fleur de lys surmontée d’un chapeau d’évêque, réunis par une croix occitane. Ces symboles peuvent évoquer l’association du pouvoir royal et du pouvoir épiscopal en pays occitan, notamment à Castres. Ces broderies sont ceinturées par un massif fleuri ponctué de topiaires d’ifs vénérables taillés en des formes très diverses.

Les parterres à l’anglaise

Il s’agit de parterres comportant une pièce de gazon au centre ceinturée de massifs fleuris. Ces massifs sont actuellement plantés de vivaces et de petits arbustes. Une collection de sauges complète ces massifs à la belle saison.

Perspectives

Un jardin de perspectives La richesse de ce jardin vient aussi de ses jeux de perspectives multiples. Son plan est trapézoïdal, légèrement décalé vers l’ouest pour prolonger l’axe nord-sud. Ce décalage de l’axe principal est compensé par les deux alignements de tilleuls recadrant la vue latéralement à l’est et à l’ouest du jardin. Le bassin se situe plus près de l’extrémité du jardin que de la façade du palais épiscopal. Les parterres sont de largeurs inégales, plus étroits de près de 2 m aux abords du palais qu’en bout des parterres à l’anglaise. Cette disproportion provoque un effet visuel de « perspective ralentie » depuis le perron. Le spectateur a alors l’illusion que le bassin est au centre du jardin. Le regard est subtilement dirigé par l’agencement des massifs : l’œil est d’abord attiré par les broderies puis vers le bassin. De ce point, le regard glisse vers le bosquet de marronniers puis rebondit vers la Montagne Noire et l’horizon.

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