Réchauffoir, Hameau de la Reine : présentation (Huit photographies)

Le réchauffoir se situe en retrait, à une douzaine de mètres à l’arrière de la maison de la Reine, masqué par des arbustes touffus. Il comprend les locaux nécessaires au service : une vaste cuisine, un fournil, un bûcher et un garde-manger, mais aussi la lingerie et l’argenterie. L’intérieur est constitué de pierres de taille et est éclairé par trois fenêtres. On peut y réchauffer les mets en provenance du Grand Commun.

Destiné initialement à n’être qu’un « réchauffoir », on y cuisine en fait véritablement des plats destinés aux dîners donnés par la Reine dans sa Maison ou au moulin. Un grand fourneau de vingt-deux feux, peint en décor de fausse brique, côtoie un four à pain et une cheminée-rôtissoire. Un placard est destiné à conserver la vaisselle royale, de porcelaine et d’argent. Une étuve de deux mètres de hauteur permet de maintenir les plats au chaud. Une table de hêtre est posée au centre de la pièce. L’eau courante est fournie dans la cour par une citerne présente au-dessus de la laiterie de préparation. Une petite maison accolée est destinée à accueillir les valets de pied.

Sa construction débute en 1783, en même temps que les autres chaumières. Il ne s’agit initialement que d’une grande pièce centrale sur laquelle sont appuyées deux annexes en pans de bois, l’une servant de garde-manger, l’autre de dressoir. Elle est alors couverte de tuiles d’Igny, tandis que les autres pièces sont protégées par du chaume. Un four à pain est ajouté en excroissance en 1785, selon le principe des fours paysans de la région, avec un foyer voûté à tuiles réfractaires. L’année suivante, on y adjoint l’« argenterie », avec un accès indépendant non autorisé au personnel de cuisine et réservé à l’« officier d’office ». Un mur délimite ensuite une petite cour rapidement pavée et un bûcher est aménagé à proximité de la salle à manger des valets. Le réchauffoir ne possède pas de jardin propre mais est entouré de murs et de fourrés.

Sous le Premier Empire, malgré la disparition et la vente de presque tout le matériel et le mobilier en germinal de l’an II, le réchauffoir retrouve sa fonction première lors des fêtes données en 1810 et 1811 pour l’impératrice Marie-Louise. Les façades sont repeintes en ocre jaune ou en gris et les intérieurs sont réaménagés : la salle des valets devient l’office, le fourneau est réduit à huit feux et l’argenterie est transformée en échansonnerie. On y installe aussi des quinquets à huile.

Plusieurs restaurations sont entreprises depuis Louis-Philippe jusqu’aux travaux financés par Rockefeller, visant surtout à l’entretien des enduits, des couvertures et des fermetures. Les derniers travaux de réfection datent de mars 1998.

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