Bosquet du Labyrinthe, petit parc de Versailles : gravures des fontaines

Le Labyrinthe de Versailles – éditeur, Rutger (ou Rutgert) Christoffel Alberts (1691-1732)

Les fables d’Esope

Fontaine du singe et ses petits

Un Singe avait deux Petits jumeaux. Il en aimait un passionnément, et ne pouvait souffrir l’autre. Le favori était fort agile, dansait et sautait avec une grande légèreté, et faisait habilement toutes sortes de singeries. Mais un jour par malheur il se démit une jambe en sautant, et commença à jeter de hauts cris. Le père qui l’entendit, accourut incontinent, le prit entre ses bras, et le serra d’une si étrange force, qu’il l’étouffa à force de l’embrasser.

Fontaine du cygne

Le Cygne, à l’extrémité, chantait.  » Je ne vois pas, lui disait la Grue, quel sujet vous avez de vous réjouir dans l’état où vous êtes.
– Je sens que je vais mourir, répliqua le Cygne. Ai-je tort de marquer de la joie, quand je me vois sur le point d’être délivré de tous mes maux ? « 

Fontaine du loup et du porc épic

Un Loup rencontra un Porc-épic, et s’avança dans le dessein d’en apaiser la faim qui le pressait. Celui-ci, qui s’en aperçut, se hérissa d’abord de ses piquants.  » Si vous vouliez vous défaire de toutes ces pointes, lui dit l’autre, bien fâché de ne savoir par où le prendre, vous n’en seriez que mieux, car elles vous défigurent extrêmement ; croyez-moi, ne les portez plus. – Les dieux m’en gardent, repartit le Porc-épic, en les dressant encore davantage. Ami, si ces piquants me parent mal, ils me défendent bien. « 

Fontaine du renard et des raisins

Un renard affamé, voyant des grappes de raisin pendre à une treille, voulut les attraper ; mais ne pouvant y parvenir, il s’éloigna en se disant à lui-même : « C’est du verjus. » Pareillement certains hommes, ne pouvant mener à bien leurs aflaires, à cause de leur incapacité, en accusent les circonstances.

Fontaine du paon et de la pie

Les Oiseaux élirent le Paon pour leur Roi à cause de sa beauté. Une Pie s’y opposa, et leur dit qu’il fallait moins regarder à la beauté qu’il avait qu’à la vertu qu’il n’avait pas. Pour mériter le choix d’une jeune merveille, N’en déplaise à maint jouvenceau
Dont le teint est plus frais qu’une rose vermeille, Ce n’est pas tout que d’être beau.

Fontaine du coq et du renard

Un Renard priait un Coq de descendre, pour se réjouir ensemble de la paix faite entre les Coqs et les Renards . « Volontiers, dit le Coq, quand deux lévriers que je vois, qui en apportent la nouvelle, seront arrivés. » Le Renard remit la réjouissance à une autre fois et s’enfuit. Un rival contre nous est toujours enragé; S’y fier est chose indiscrète, Quelque amitié qu’il vous promette, Il voudrait vous avoir mangé.

Fontaine du coq et du coq d’Inde

Un Coq d’Inde entra dans une Cour en faisant la roue. Un Coq s’en offensa et courut le combattre, quoiqu’il fût entré sans dessein de lui nuire. D’aucun rival il ne faut prendre ombrage, Sans le connaître auparavant :
Tel que l’on croit dangereux personnage N’est qu’un fanfaron bien souvent.

Fontaine du chat pendu et des rats

Un Chat se pendit par la patte, et faisant le mort, attrapa plusieurs Rats. Une autre fois il se couvrit de farine. Un vieux Rat lui dit: « Quand tu serais même le sac de la farine, je ne m’approcherais pas. » Le plus sûr bien souvent est de faire retraite Le Chat est Chat, la Coquette est Coquette.

Fontaine de l’Aigle et du Renard

Une Aigle fit amitié avec un Renard, qui avait ses petits au pied de l’arbre où était son nid; l’Aigle eut faim et mangea les petits du Renard qui ayant trouvé un flambeau allumé mit le feu à l’arbre et mangea les Aiglons qui tombèrent à demi rôtis. Il n’est point de peine cruelle Que ne mérite une infidèle.

Fontaine du Loup et de la Tête

Fontaine du Paon et du Geay

Le Geai s’étant paré un jour des plumes de plusieurs Paons, voulait faire comparaison avec eux; chacun reprit ses plumes, et le Geai ainsi dépossédé, leur servit de risée. Qui n’est pas né pour la galanterie, Et n’a qu’un bel air emprunté, Doit s’attendre à la raillerie,
Et que des vrais galants il sera bafoué.

Fontaine des coqs et de la perdrix

Une Perdrix s’affligeait fort d’être battue par des Coqs; mais elle se consola, ayant vu qu’ils se battaient eux-mêmes. Si d’une belle on se voit maltraiter Les premiers jours qu’on entre à son service, Il ne faut pas se rebuter : Bien des Amants, quoiqu’Amour les unisse, Ne laissent pas de s’entrepicoter.

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~ par artotec sur juillet 2, 2016.